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- Interview -

Mika,

hors codes, hors normes

Dandy, léger, profond, Mika nous livre une pop flamboyante et singulière. Derrière l’extraverti se cache un homme pudique et sensible, au talent fou et à la sincérité intacte.

L’originalité, c’est superficiel ?

Non, les gens qui le pensent en ont une vision caricaturale ou s’imaginent qu’elle a besoin d’attributs artificiels. L’originalité créative est un juste équilibre entre sincérité, recherche et curiosité. Elle se cultive tous les jours et surtout, doit combattre le snobisme, son pire ennemi, qui formate la pensée collective et ne mène qu’à la facilité. Elle doit aussi s’affranchir du regard parfois négatif des autres. Je sais de quoi je parle. J’ai été renvoyé de l’école par un professeur qui a failli me détruire psychologiquement, à tel point que j’ai arrêté de parler pendant dix mois. Ma mère m’a aidé à transformer ce moment difficile en la chance de ma vie grâce à des cours de chant et de musique intensifs. J’ai travaillé comme un fou, mais un an plus tard je chantais à l’Opéra Royal de Londres. Et aujourd’hui je vis de ma passion et de mon originalité. Quel privilège.

Cette formation classique participe de votre originalité…

Elle est ma colonne vertébrale. J’ai besoin de garder en moi ce passé – et de m’amuser avec bien sûr - pour savoir où je vais. D’ailleurs aujourd’hui, je travaille de plus en plus avec des orchestres. J’ai fait un concert avec deux cents musiciens à l’Opéra de Florence, un autre avec l’Orchestre Symphonique de Montréal. Et l’on m’a récemment proposé de mettre en scène un opéra... C’est drôle comme mon enfance me rattrape.

à la sortie de « Grace Kelly » en 2007, nous avons été  renversés par l’originalité de ce titre, si différent de ce que l’on entend sur les ondes. Il y a dedans de la pop, du Mozart, de l’audace, de la désinvolture, une performance vocale hallucinante… Comment l’avez-vous imaginé ? 

Une fois de plus, j’avais été refusé par l’agent d’une maison de disques qui me demandait d’écrire les choses que l’on entendait à la radio. J’étais furieux, alors m’est venue cette espèce de lettre ouverte qui disait «Qu’est ce que je dois faire ? Je peux être de toutes les couleurs moi, pourquoi je dois choisir !» Je lui ai envoyé la chanson. Il ne m’a jamais répondu. Mais ce morceau m’a lancé.

Il contient toute ma révolte à l’idée que l’on m’impose la loi du marché, que l’on bride ma créativité, que l’on ne me donne pas ma chance. Il exprime mon envie de me battre et de tout casser! L’originalité, c’est aussi le courage de ne pas copier, même si souvent, ça fait mal.

Pourquoi être entré dans l’aventure de The Voice en France ?

Je suis également en charge d’une émission de variété totalement déjantée en Italie. A la télévision je peux communiquer avec mon public comme sur aucun autre média, en étant complètement moi-même. Et à «The Voice», c’est excitant cette idée de découvrir quelque chose que l’on n’a jamais entendu avant. Nous ne cherchons pas la perfection mais l’intention pure et la singularité; l’originalité, encore!

Qui crée vos incroyables costumes ?

Depuis quatre ans je suis habillé par Pierpaolo Piccioli qui a repris la Maison Valentino. Au-delà d’être esthétiquement délicieuses, les collections que nous créons ensemble racontent des histoires fabuleuses et lorsque nous en parlons tous les deux, je vous assure que c’est la chose la plus importante au monde. 

Vous avez une autre forme d’originalité… le nomadisme!

J’habite aux états-Unis et je n’avais jamais imaginé vivre autant dans les hôtels. Aussi, lorsque je m’endors, j’ai besoin de penser à mes repères qui sont avant tout mes proches, mes concerts, et l’album que je suis en train d’écrire.

Mika a remporté des prix dans de nombreux pays: Grammys, Ivor Novellos, World Music Awards… Il est également Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Son titre «Grace Kelly», deuxième single britannique de tous les temps en téléchargement, s’est vendu à 3 millions d’exemplaires dans le monde.

Propos recueillis par Michèle Wouters

Photos: Peter Lindberg - 2015

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