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Jennifer Cuvillier

La mode, la mode, la mode

Elle a un métier que tous les passionnés de mode rêvent d’exercer. JENNIFER CUVILLIER est Directrice du bureau de style du célèbre magasin parisien Le Bon Marché. Depuis 10 ans, elle scrute les labels du monde entier pour dénicher des pépites qui se retrouveront dans les allées de cette institution. Aujourd’hui, comment les magasins se réinventent face au commerce en ligne ? Rencontre avec une professionnelle du secteur.

Comment devient-on directrice du bureau de style du Bon Marché ? 
J’ai toujours voulu évoluer dans la mode. J’ai commencé chez Lambert+ Associates qui est un bureau d’achats où je collaborais avec de grandes enseignes de luxe à l’étranger. Je recherchais les nouvelles tendances, des concepts innovants pour être à la pointe de ce qu’il se passait et pour que ces commerces soient leaders. Par la suite, intégrer le grand magasin des parisiens m’a paru évident.

Vous décidez des nouvelles marques présentes dans le magasin, quels sont vos critères ?
Pour la partie saisonnière, on est une grande équipe et on fait tous les jours des recherches. On les trouve sur internet, les réseaux sociaux, grâce à nos contacts, des voyages et on est également sollicités donc on fait un mix des deux. Et puis il y a les « speed meetings ». Ce sont des rendez-vous d’une vingtaine de minutes pour avoir un premier échange. Les marques viennent présenter leur produit et on garde les plus pertinentes. C’est un énorme travail car un label qui rentre, c’est un autre qui sort. On n’a pas la place et on ne veut pas surcharger. Une marque doit apporter une valeur ajoutée et ne ressembler à aucune autre.

Vous avez énormément développé la personnalisation, aujourd’hui cela fait-il partie de l’ADN du Bon Marché ?
On a lancé l’idée il y a 8 ans au tout début quand il n’y en avait pas ou très peu. Rapidement, on s’est rendus compte que les clients adoraient donc on essaye sans cesse de trouver de nouvelles idées. Aujourd’hui, on peut personnaliser un jeans ou des souliers, par exemple.

Vous organisez également des expositions, comment fonctionnent-elles ?
On part d’un thème et on cherche les labels qui correspondent. On teste ces marques sur une durée limitée, c’est un peu comme un laboratoire. Ce qui nous permet de voir si elles fonctionnent et si c’est le cas, on les garde.

Comment faites-vous la sélection des thèmes ?
Il faut qu’ils soient forts, nouveaux et puis il faut que nous puissions raconter une histoire. Ce sont des projets qui sont longs à mettre en place, un an au minimum et on travaille sur plusieurs expos en même temps.

Comment définiriez-vous votre clientèle, qui est-elle ?
Elle est curieuse, connaît parfaitement les marques, elle veut rencontrer les créateurs, être avertie des événements et vivre des expériences nouvelles. Elle est aussi très exigeante et veut une fabrication de bonne qualité. Nos clients connaissent le magasin et ils ont envie sans cesse d’être surpris.

Comment voyez-vous l’avenir du commerce physique face aux sites de commerce en ligne ?
On ne pourra jamais ressentir ce que l’on vit dans le magasin si on achète en ligne. Toutes les expériences doivent donner envie aux clients de se déplacer.

Vous avez déjà imaginé le commerce dans 10 ans, à quoi ressemblera-t-il selon vous ?
On va continuer à se différencier du on-line. Acheter en ligne, c’est facile mais on veut aller vers toutes les nouvelles technologies à découvrir en magasin.

Propos recueillis par Anouk Julien-Blanco

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