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Thierry Van Biesen,

de l'ombre à la lumière

Les images de ce photographe, né d’un père belge et d’une mère libanaise, reflètent un désir ardent de barioler la réalité aux couleurs des rêves pour nous offrir des ailleurs enchantés. Des images éblouissantes de lumière, sans doute pour exorciser de sombres souvenirs.

Pour Thierry Van Biesen, cette façon farceuse, ludique et poétique de voir le monde remonte à son adolescence à Beyrouth. «Gamin dans un pays en proie à une guerre civile subie au quotidien, j’ai fait le pacte avec moi-même de mettre à distance tout cet univers de laideur en m’inventant des histoires, en courant à la plage quand il fallait rejoindre les abris, ou en imaginant que les explosions des bombes étaient de merveilleux feux d’artifices!» Le hasard, mâtiné d’un brin de chance, le mènera plus tard à New York où il use ses premières bobines en assistant les plus grands photographes du XXe siècle, Art Kane, Ralph Gibson, Sarah Moon, Arthur Elgort. Duane Michals… «A l’époque je voulais m’inspirer de ces maîtres qui étaient mes modèles, mais ils m’ont donné ce conseil essentiel: «Sois toi-même».

FlyinOut

FlyinOut ©Van Biesen

Il y a du conteur chez cet oriental nostalgique de l’azur de sa ville natale, on retrouve aussi l’influence des surréalistes, «Mon grand-père paternel jouait aux échecs avec Magritte!», et de la bande dessinée. «Avec mon premier argent de poche, je m’étais acheté une lithographie de Moebius que j’ai eu la chance de rencontrer bien plus tard pour un travail en commun». En fait Thierry conçoit ses images à partir d’histoires qu’il se raconte et qu’il développe visuellement en les dessinant sous forme de storyboard. Après avoir longtemps mis en scène son univers onirique, dont chaque plan est minutieusement dessiné avant la prise de vue, Thierry Van Biesen aspire à présent à se libérer de ce contrôle absolu qu’il obtient aussi grâce à un travail technique inventif sur la photographie. Son souhait est de se laisser aller à l’émotion, tout entier! D’autres défis lui tiennent à cœur, par exemple la transmission de sa technique en organisant des stages de photos pour les jeunes dans les pays arabes. Et toujours au Moyen Orient, de réaliser des images pour mettre en évidence ce qui rapproche les gens, et non pas ce qui leur fait peur. « Je rejoins Ahmid Maalouf quand il dit - c’est notre regard qui enferme souvent les autres dans leurs plus étroites appartenances, et c’est notre regard aussi qui peut les libérer. Il faudrait faire en sorte que personne ne se sente exclu de la civilisation commune qui est en train de naître - Je crois qu’aujourd’hui il est essentiel de susciter l’envie afin que les jeunes se disent: mais pourquoi ça n’existe pas? Et bien, on va le faire!»

Par Tiffy Morgue and Jean-Yves Gaillac

Images

Mummy's Bikini

©Van Biesen

Erica Flies

©Van Biesen

Birdy

©Van Biesen

Boat Dress

©Van Biesen

Beach Bum

©Van Biesen

Corner paper

©Van Biesen

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