A Michel Reybier Hospitality edition

Par mots-clés

Par numéro de parution

- Interview -

L'irrésistible

Carole Bouquet

Actrice et viticultrice, Carole Bouquet n’est pas seulement une divine célébrité. Elle est aussi dotée d’une remarquable force et d’un esprit conquérant. Rencontre avec une battante, passionnée et raffinée dont le charme opère en toute circonstance.

Vous êtes à la fois actrice et viticultrice, avez-vous une préférence ?
Non, pas vraiment, j’aime exercer ces deux activités. Les seules choses qui me déplaisent sont la vente et la promotion. Je ne suis pas très à l’aise dans ces exercices dans lesquels il faut parler et convaincre mais c’est malheureusement obligatoire dans ces deux métiers.

Ce sont des rêves que vous avez accomplis ou le destin a décidé pour vous ?
C’est le hasard qui a bien fait les choses. Pour mon premier rôle au cinéma, j’étais encore au conservatoire et on m’a proposé de jouer dans un lm. Pour le vin, j’ai acheté des terres suite à un coup de foudre pour le lieu et je me suis lancée dans le vignoble.

Quand on parle de vous, les compliments sont nombreux, à commencer par ceux axés sur votre beauté, quel est celui qui vous touche le plus ?

Je ne sais pas si on parle toujours de moi en bien. Je ne lis jamais ce qu’on dit sur ma personne. En ce qui concerne la beauté, c’est un don du ciel, ce n’est pas moi qui l’ai fabriquée et donc je n’y suis pour rien !

Pourquoi avoir choisi l’île de Pantelleria, au sud de la Sicile, pour lancer votre production de vins « le Sangue d’Oro » ?
C’était il y a une vingtaine d’années, je cherchais une maison pour passer mes vacances d’été en famille. Mon amie Isabella Rossellini m’a parlé d‘un endroit magique. J’ai suivi ses conseils, nous y sommes allés et je suis tombée amoureuse de cette île.

Comment avez-vous pris goût au vin ?

C’est drôle mais à la base, je n’appréciais pas du tout le vin et je n’en buvais jamais. Le déclic s’est produit un soir. Je dînais au restaurant avec le père de mon ls aîné, Jean-Pierre Rassam, je devais avoir 21 ans et j’ai goûté un verre de Haut-Brion. J’ai adoré cette saveur et je me suis dit que j’étais passée trop longtemps à côté de ce plaisir !

Ce fut difficile de vous lancer dans le vin ?

Oui un peu. A la base, personne ne voulait croire en mon projet mais je n’ai pas baissé les bras. Je me suis lancée ce dé et je suis allée jusqu’au bout.

De quoi êtes-vous le plus ère dans cette aventure ?
D’avoir réussi à faire un vin qui vient de cette île magique et que j’aime énormément. Ce n’était pas évident. Quand je suis à l’affiche d’un film, je peux dire c’est le metteur en scène qui n’est pas bon mais quand je fais du vin, s’il n’est pas excellent, je ne peux m’en vouloir qu’à moi !

Dans cette aventure, comment êtes-vous impliquée ?
Je m’organise pour y aller souvent mais pas assez à mon goût ! Heureusement, j’ai une personne sur place qui gère tout. C’est à cet homme que j’ai acheté les deux premiers hectares puis il m’a aidée à acquérir les dix-huit autres.

Votre vin est-il vendu partout dans le monde ?
Non, malheureusement c’est impossible. Je ne peux produire que 14 000 bouteilles par an. Cela correspond à un verre de vin par pied de vigne. C’est comme de la haute-couture, c’est très long à fabriquer et il s’agit d’un travail minutieux. Ce n’est pas facile car pour avoir une cuvée de qualité, on ne peut se servir que d’un tiers de la récolte.

Vous venez de fêter vos 60 ans, comment avez-vous envie d’entamer cette nouvelle décennie, quels sont vos projets ?
Je souhaite juste continuer ma vie que j’ai depuis toujours. C’est déjà extraordinaire et ça me suffit.

Au quotidien, qu’est-ce qui vous rend heureuse ?
Tout ce qu’il y a de plus simple. J’aime me promener dans Paris, faire mes courses, parler aux commerçants... Cela me convient parfaitement et je ne voudrais en aucun cas changer mes habitudes et mon mode de vie qui sont nalement basés sur des choses très basiques. J’aime aussi énormément la gastronomie. Manger et se régaler, c’est un vrai bonheur !

Avec le recul et quand on regarde votre parcours, on dirait que vous êtes une éternelle optimiste, est-ce le cas ?
Si c’est l’image que je donne tant mieux ! C’est difficile quand on fait ce métier de se plaindre. Mais c’est comme pour tout le monde, j’ai des hauts et des bas. Surtout à 60 ans, la vie n’est pas forcément toujours gaie mais j’essaye de rester positive.

Le thème de ce magazine est la couleur, êtes-vous attachée à l’une en particulier et pourquoi ?
Sans hésiter, le jaune ! Cela représente pour moi le soleil, la clarté, les Mille et Une Nuits, en résumé le bonheur !

www.sanguedoro.it

Propos recueillis par Anouk Julien-Blanco

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn
«
»

Articles connexes


Raphaël Enthoven

L’excellence est-elle une fin en soi, un chemin qui se profile vers la performance ?

Goranka TANACKOVIC

Les progrès en matière de génome ont été fulgurants et on peut imaginer que dans un avenir proche, chacun aura accès à tout ou partie de ses informations personnelles.

Valentine Pozzi di Borgo

Étudiante, la créatrice de parfums était loin d’imaginer qu’elle serait rattrapée par un destin olfactif, qui renforcerait encore le lien qui l’unit à sa famille.

Xavier Romatet

Celui qui fut à la tête de Condé Nast France durant douze ans, confirme son leadership dans le secteur de la presse.


Retrouvez-nous