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- Interview -

Bertrand Piccard

« La seule façon d'échouer, c'est de ne pas essayer ! »

Psychiatre et explorateur, BERTRAND PICCARD est le digne héritier d’une lignée de scientifiques partis à la conquête de l’espace et des océans.

Fils d’un océanographe explorateur des profondeurs et petit fils du premier homme à avoir atteint la stratosphère, il est marqué dès l’enfance par l’idée que d’autres voies sont toujours possibles, à condition de remettre en question ses habitudes et d’aller au bout de ses combats. Le sien : améliorer la qualité de vie sur la terre.

Étonnamment, c’est son parcours de psychiatre qui le mène à l’aéronautique.
Alors qu’il étudie le comportement humain en situation extrême, il s’essaie au vol libre et à l’ULM, passion qui le mène jusqu’au titre de champion d’Europe de voltige en deltaplane. En 1992, il remporte la course transatlantique en ballon avec son coéquipier belge, Wim Vestraeten, puis en 1999, accomplit avec le Breitling Orbiter 3 le plus long vol de toute l’histoire de l’aviation. L’épopée de 45 755 km part de Château-d’Oex, en Suisse, pour effectuer le premier tour du monde en ballon sans escale, avant d’atterrir dans le désert égyptien après vingt jours. Ce succès lui vaut la Légion d’honneur, l’Ordre olympique, les plus hautes distinctions de la Fédération Aéronautique Internationale, de la National Geographic Society et de l’Explorers Club. Dans le même temps, son Doctorat et son statut de professeur honoraire lui procurent une autre récompense : celle du Grand Prix de l’Académie des Sciences Morales et Politiques. Une telle reconnaissance est surtout pour lui l’opportunité d’accélérer ses engagements et de faire bouger les lignes autour des thèmes qui l’animent plus que jamais : la protection de l’environnement, l’amélioration de la qualité de vie et l’exploration scientifique.

Nouveau défi
En 2003, en partenariat avec l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, Bertrand Piccard se fixe un nouvel objectif : créer le premier avion à énergie solaire, sans carburant et à autonomie perpétuelle, pour promouvoir les énergies renouvelables non polluantes. L’aventure qui engendrera l’exploit scientifique du Solar Impulse n’était pas gagnée d’avance. Le financement du projet fut laborieux. Aucun constructeur d’avion n’y croyait. Et si l’avion qui en juillet 2016 a bouclé le premier tour du monde aérien sans une seule goutte de carburant a pu voir le jour, c’est grâce à un fabricant de bateaux. « Au delà de démontrer une prouesse technologique, ce vol a prouvé que lorsque l’on croit à un projet et que l’on se donne les moyens de le mener à terme, on peut repousser les limites de l’impossible » affirme alors Bertrand Piccard, en accord avec ses convictions de toujours.

La création de la Fondation Solar Impulse marque un virage décisif.
Sa vocation : identifier les solutions techniques qui permettent de protéger l’environnement tout en générant des emplois et du développement économique. C’est ce qu’il appelle la « croissance qualitative ». Cette vision aussi réaliste qu’ambitieuse séduit les dirigeants de ce monde. Ambassadeur des Nations Unies, invité de la COP 26, Bertrand Piccard a l’oreille des puissants dont il encourage l’engagement pour un monde plus vertueux, plus pérenne, plus juste, respectueux de la biodiversité et du climat. Un monde dans lequel la prospérité des sociétés s’accorde à celle de la planète. De plus en plus nombreux sont les acteurs économiques qui prennent la mesure de l’urgence mais aussi, des enjeux enthousiasmants d’un tel élan collectif au profit de l’intérêt général. Faut-il être optimiste ? « La situation que nous vivons présente, malgré ses aspects les plus terribles, une opportunité pour reconstruire un nouveau modèle économique et industriel durable » assure Bertrand Piccard, ajoutant que « la Fondation Solar Impulse et ses partenaires s’engagent à le mettre en œuvre et appellent chacun à en faire de même ». Une brèche vertueuse est-elle en train de s’ouvrir ? On ne peut qu’être tenté d’y croire.

Propos recueillis par Michèle Wouters
Photo : J. Saget / AFP

© Piccard Family

© J.Revillard / Rezo

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Passionnée d’art depuis l’enfance, Nathalie Obadia est une galeriste comblée par un métier qu’elle aime comme au premier jour. Pour ses artistes, elle ambitionne les plus belles places de la scène artistique internationale.

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Professeur à Sorbonne Université et Directrice du Centre Victor Basch de recherches en esthétique et philosophie de l’art. Présidente de la Société Française d’Esthétique. Directrice de publication de la Nouvelle Revue d’Esthétique.

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