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- Interview -

Qui est vraiment

Yannick Bolloré ?

 
 

Au dernier étage d’une tour à Puteaux, bienvenue dans les bureaux de Yannick Bolloré. À la tête du 6e groupe mondial de communication, cet homme brillant et très sympathique de 39 ans est PDG d’Havas et Président du Conseil de Surveillance de Vivendi. Interview rare mais acceptée. Au programme de la discussion : business, communication, télévision, musique et passions.

Yannick Bolloré, vous représentez la 7e génération du groupe familial, quelles sont les valeurs qui vous ont été transmises ?
Les valeurs humaines, sans aucun doute, et le respect. A propos des rapports humains, je me souviens de mon grand-père qui me disait qu’il fallait être fort avec les forts et doux avec les personnes plus faibles. L’autre valeur est de savoir être patient en se projetant sur du long terme. Il s’agit de la particularité des grands groupes familiaux.

On dit de vous que vous êtes un génie de la communication, comment avez-vous réussi à atteindre un tel niveau ?
Il y a des personnes qui m’ont énormément inspiré et il y a surtout l’excellent travail généré par l’équipe que je dirige. Sans elle, le groupe n’aurait pas le succès qu’il a aujourd’hui.

Pensez-vous qu’une carrière soit plus facile quand on est le fils de Vincent Bolloré ?
Oui et je ne peux qu’en être heureux. Ce privilège m’a beaucoup apporté, notamment la rapidité d’accéder à des postes importants.

Vivendi est actionnaire d’Universal Music, le premier groupe musical au monde. L’industrie de la musique a su se relever des années noires, où en est-on ?
Après dix-sept années de déclin, l’industrie musicale vit depuis deux ans une renaissance formidable tirée par les offres de streaming (Deezer, Spotify, Apple, etc.) Le streaming est d’ailleurs devenu la première source de revenus devant les offres d’albums physiques. Dans cette industrie, on est dans un contexte positif et l’avenir est très prometteur.

La télévision est un secteur en pleine mutation, quelle est votre analyse ?
Le marché de la télé a énormément évolué. La distribution et les modes de consommation ont changé. Les gens la regardent sur leurs écrans et choisissent des programmes à la carte. Ensuite, il y a de nouveaux concurrents qui viennent du monde entier et qui investissent massivement dans les programmes. Il faut donc faire face à tous ces nouveaux paramètres.

Quelle est votre stratégie pour vos chaînes Canal+ et C8 ?
Vivendi est actionnaire de Canal+, qui est le plus grand groupe audiovisuel français et l’un des principaux en Europe. Les équipes ont fait un travail fantastique pour adapter Canal+ aux nouveaux paradigmes avec la mise en place d’une application : My Canal. Elle permet aux abonnés de recevoir toutes les chaînes TV sur n’importe quel appareil et à n’importe quelle heure. Le deuxième point est le marché international. Avec Vivendi, nous soutenons Canal+ dans un plan d’acquisition de chaînes notamment en Afrique et en Europe. Pour ce qui est de C8, cette chaîne généraliste propose principalement des émissions en direct et elle fonctionne très bien.

En tant que professionnel du secteur, que signifie bien communiquer aujourd’hui ?
Le vrai enjeu est de faire vivre une campagne de communication sur tous types d’écrans. Il faut être présent sur les réseaux sociaux qui sont aujourd’hui plus suivis que la télévision. Ce sont des nouvelles formes de narration et de communication. Il est fondamental pour nous d’offrir les meilleures solutions à nos clients tout en utilisant des datas qui permettent de réaliser des campagnes ciblées ultra performantes.

Vous êtes basé à Paris mais souvent en voyage, quel est le lieu qui vous inspire le plus ?
D’un point de vue business et économique, c’est la Chine qui ne cesse de faire des progrès gigantesques. Culturellement parlant, je dirais Jérusalem qui dégage une atmosphère et une ferveur extrêmement particulières et comme pays, l’Egypte avec ses richesses incroyables.

Quelles sont vos méthodes pour décompresser ?
J’ai quatre filles à la maison de 5 à 15 ans et c’est un vrai bonheur de passer du temps avec elles. Pour me relaxer, j’ai besoin de faire du sport. Même si je n’en pratique pas autant que je le souhaiterais, je cours, je fais du tennis et puis j’ai découvert la méditation qui m’apporte beaucoup de sérénité, de calme et un certain équilibre.

La liberté est le thème de ce magazine, à quel moment la ressentez-vous ?
Il y a 5 ans, j’ai acheté un bateau et c’est une vraie forme de liberté. Ne pas savoir où je vais jeter l’ancre le soir et dormir à la belle étoile avec ma femme et mes enfants me comblent. Il faut dire que j’ai des ancêtres marins, cela s’explique donc peut-être par mes gênes ! (rires)

Quelle est votre devise dans la vie ?
J’aime bien la citation généralement attribuée à Oscar Wilde « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ». Je trouve cette phrase très poétique et tellement vraie ! Il y en a une autre, celle de Mark Twain «  Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ». La capacité de se projeter haut et loin et d’avancer malgré tous les obstacles qui peuvent se dresser sur la route est une idée qui me plaît ! Il faut toujours viser le plus haut possible. C’est la meilleure façon de progresser.



Propos recueillis par Anouk Julien-Blanco
Photos © F. Beloncle et © A. Meyssonnier



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