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- Art & Création -

Xavier Dolan

Libre artiste

 
 

Réalisateur et scénariste autodidacte, XAVIER DOLAN voit son premier long métrage « J’ai tué ma mère » projeté à la quinzaine des réalisateurs cannoise, alors qu’il n’a que 20 ans. Dix ans plus tard, il a huit longs métrages à son actif, dont plusieurs nominés et récompensés dans les plus grands festivals du monde, à l’instar de « Juste la fin du monde » qui remporte le Grand Prix à Cannes et trois Césars.

Libre est l’adjectif qui convient le mieux à celui qui a « toujours fait ce qu’il voulait, quand il le voulait, sans demander la permission », souligne le metteur en scène Thomas Joly. à celui qui à 17 ans quitte le monde normé de l’école et s’installe à Montréal. A celui qui à 19 ans écrit et réalise son premier long métrage et y investit toutes ses économies, pour ne pas avoir à attendre le bon vouloir des institutions de financement et encore moins à subir leurs exigences.


Libre ? Xavier Dolan l’est profondément,viscéralement, impatiemment…


Libre de rêver que son premier film sera projeté à Cannes et que son actrice Anne Dorval sera récompensée par le plus prestigieux prix d’interprétation québécois (le JUTRA désormais nommé IRIS), alors qu’il n’a pas encore tourné la première image ! Pourtant ses vœux seront bel et bien exhaussés. Libre de préférer « Titanic » et « Batman » à « Pierrot le fou » et de l’assumer, même lorsqu’il est invité au MoMa (Museum of Modern Art) pour y présenter la rétrospective de ses films, à seulement 23 ans… Libre de ses incroyables bandes sons passant de Wagner à « Bang Bang » de Dalida, de Tchaïkowsky à Céline Dion ou à O-Zone, le très populaire groupe moldave. Libre de faire voler dans le ciel des vêtements de toutes les couleurs sur une musique de Moderat et d’inventer, ainsi, un moment de poésie absolu.

Libre, dans le film « Mommy », de troquer le format cinématographique rectangulaire pour le carré, qui focalise notre attention sur ces vies en train d’exploser le cadre et de voler en éclat. Et libre de n’avoir jamais recommencé l’exercice, malgré les sollicitations de ses techniciens et d’une critique applaudissant l’audace d’un choix inédit. Libre de ses dialogues truculents en québécois dans le texte. Libre de donner aux mères de plus de cinquante ans des rêves de midinettes et les plus beaux rôles de ses films. Libre d’avoir fait porter à Nathalie Baye et à toute la distribution de « Laurence Anyways », à Cannes, le carré rouge de la révolte universitaire canadienne de 2012. Libre d’avoir refusé la « Queer Palm » - prix récompensant le cinéma traitant des thématiques LGBT - le jugeant réducteur et ghettoïsant.
Libre d’avoir inventé son art avant d’en avoir appris les codes et la culture universelle, Xavier Dolan nous livre un cinéma qui ne ressemble qu’à lui et se reconnaît entre mille, un cinéma qui à chaque film nous désarçonne, comme s’il était le premier.

Un grand merci à Laurent Beurdeley pour avoir contribué à ce portrait. Il est l’auteur de « Xavier Dolan L’indomptable », biographie du réalisateur, aux éditions du CRAM.



Par Michèle Wouters


Images

© S. Laverdière

« Xavier Dolan L’indomptable », Laurent Beurdeley , éditions du CRAM.

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