A Michel Reybier Hospitality edition

Par mots-clés

Par numéro de parution

- Mode -

Rabih Kayrouz

«Dans mes vêtements, la femme est libre de ses gestes et de ses attitudes»

Membre officiel du calendrier de la haute couture parisienne depuis janvier 2019, RABIH KAYROUZ est un créateur qui regarde bouger les femmes, s’inspire de leurs mouvements et invente des vêtements qui les rendent libres !

Quand avez-vous découvert votre vocation ?
J’ai pris la décision de créer des vêtements à l’âge de 11 ans ! Je ne sais pas pourquoi ni comment. Ma famille était loin du milieu de la mode, même si nous accordions beaucoup d’importance aux beaux vêtements, de qualité. Et pour la petite histoire, on m’a raconté que lorsque j’avais deux ans et que je trottinais à peine, j’enroulais des serviettes de cuisine autour de ma petite sœur de un an ! Je n’en ai aucun souvenir mais une chose est sûre, je continue d’adorer enrouler des tissus autour du corps des femmes !

Quel est le fil rouge de votre démarche artistique ?
J’aime les vêtements, pas la mode. Je cherche à réaliser des pièces que l’on porte et qui durent longtemps. Innovantes et imaginatives, certes, mais qui restent. A la limite, j’aimerais que mes vêtements soient transmis de génération en génération. Et puis, si je continue à aimer envelopper les corps, je déteste les contraindre et transformer les silhouettes. Dans mes vêtements, les femmes sont libres de leurs mouvements, de leurs attitudes et de leurs gestes. Libres de s’exprimer comme elles le souhaitent. Elles veulent être élégantes ? Elles le seront. Elles se préfèrent nonchalantes, simples, sophistiquées, joueuses, timides, protégées ? Elles le seront également. Et cette liberté, je veux pouvoir l’exprimer partout. Aujourd’hui, je fais officiellement partie du calendrier de la haute couture parisienne et je respecte infiniment ces rencontres où je présente mes collections. Mais s’agissant de ma création, je ne m’impose pas de contrainte. Je suis mes émotions, ma liberté, ma fantaisie. Elles m’amènent d’ailleurs parfois à proposer une collection hors saison, parce qu’elle a été dictée par une envie ou une collaboration.

De quoi vous inspirez-vous ?
De tout ce qui m’entoure ! De mon époque, de films, de photos, de tableaux… et surtout des femmes. J’aime les regarder bouger, courir, s’asseoir ou attraper un bus. Lorsque je crée un manteau, je me souviens de celui qui n’était pas assez joli sur cette femme qui courait, alors je lui invente des ouvertures pour qu’il bouge mieux. Lorsque je vois cette robe trop lourde qui empêche la femme qui la porte de danser jusqu’au bout de la nuit, je me mets à lui dessiner une robe plus légère. Et quand je la vois travailler avec cette veste dans laquelle elle n’arrive pas à bouger les bras, je me dis qu’il lui faut une autre tenue pour l’accompagner dans sa vie. Toute ma démarche est là.


Quelles sont vos matières, vos couleurs ?
J’aime les matières qui ont du nerf comme le coton, la soie ou la laine, et les couleurs franches, nettes et précises !

Quelles femmes aimez-vous habiller ?
Celles qui sont libérées de la mode. Mais c’est à elles de me choisir, surtout pas à moi.

Quelle différence faites-vous entre la couture et le prêt-à-porter ?
Pour moi, c’est la même démarche. Cela se décide au moment du dessin. Si le vêtement que je suis en train de créer s’avère délicat à réaliser, il devient une pièce de haute couture. Un manteau de ville peut exiger une réalisation très complexe si sa technique est difficile. Alors qu’une robe du soir, simple à réaliser, sera un modèle de prêt-à-porter. En haute couture, la plupart des pièces que je crée sont des jeux de construction. J’adore ça !

Comment choisissez-vous les lieux de vos défilés ?
J’aime les lieux atypiques où je me sens immédiatement chez moi. Et cela peut être un palais, une serre ou un hangar.

Quelle importance accordez-vous à la scénographie de vos défilés ?
La musique, le mouvement, le rythme et les femmes qui bougent dans mes vêtements sont très importants pour moi. En 12 minutes, ils doivent transmettre l’émotion que j’éprouve depuis six mois.

Comment travaillez-vous avec les métiers d’art ?
Je ne les considère pas comme des prestataires. Ils m’inspirent énormément, je les respecte beaucoup et surtout, je les écoute, car ce sont les meilleurs dans leurs domaines. Moi, j’essaie juste de pousser plus loin certaines histoires.

Quels sont vos envies, vos projets ?
Je souhaite que ma Maison soit pérenne et mes vêtements intemporels. Pour le reste, je vis l’instant tout en ouvrant grand mes yeux et mes oreilles.

© R. Moukarzel

Winter 2019 Look 31
© J-T. Hamon

Summer 2020 ACT II
© F. Christen

Winter 2019 Look 15-2
© J-T. Hamon

Winter 2019 Look 19
© J-T. Hamon

Summer 2020 ACT II
© F. Christen

Summer 2020 - Look 10
© Y. Vlamos

Winter 2019 - Look 30
© J-T. Hamon

Summer 2020 - Look 26 Haute couture
© Y. Vlamos

Summer  2020 ACT II
© F. Christen

Summer  2020 - Look 51
© Y. Vlamos

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn
«
»

Articles connexes


Soirées jazz

Vivez des dîners-concerts exceptionnels autour du jazz.

Spécialités de montagne

Les recettes gourmandes emblématiques de la cuisine valaisanne sont de retour.

La montagne à grand spectacle

Hypnotique ! La vue grandiose sur les sommets des Alpes suisses…

Traditions suisses en majesté

Le Bellevue Palace est un véritable pôle d’attraction pour toute la ville !


Retrouvez-nous