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Stéphane Rolland


Créer l'étincelle dans le regard des femmes

Directeur Artistique chez Balenciaga à 20 ans, STÉPHANE ROLLAND entre dans la cour de la Haute Couture à 30 ans seulement, sous les ors de Jean-Louis Scherrer. à 40 ans, il crée sa propre Maison et commence à dérouler le fil de son ADN, qu’il partage avec celles qui comptent plus que tout : les femmes.

Quand avez-vous su que vous vouliez créer des vêtements ?
J’ai eu la chance d’avoir des parents artistes qui, très tôt, ont décelé ma sensibilité esthétique et encouragé ma fibre créative. Un jour, alors que j’avais quatre ans, ils m’ont laissé seul dans une pièce avec du papier et des crayons. A leur grande surprise, j’ai dessiné une femme arborant une coiffure et des bijoux très élaborés. Ma vocation était née…

Les pérégrinations de votre enfance, en Argentine et dans les Antilles, ont-elles influencé votre création ?
La vie de nomade, que j’ai vécue dès ma naissance, ne m’a pas permis de me faire des amis. Ce fut très difficile à vivre. Pour compenser ce manque, je m’évadais dans mon monde à moi, mêlé de mode, de cinéma, de musique… C’est cela qui a construit l’ADN que je développe aujourd’hui.

Comment êtes-vous entré chez Balenciaga, à 20 ans seulement ?
À l’époque, je voulais travailler chez Yves Saint Laurent, à qui je vouais une admiration sans borne ! Mais Pierre Bergé a senti que j’étais fait pour Cristobal Balenciaga, que mes croquis étaient en résonance avec sa démarche architecturale, son approche de peintre et sa manière de traiter les couleurs. Il m’a donc obtenu un rendez-vous avec la Directrice Générale, qui m’a pris sous  son aile. Et moins d’un an après, je devenais Directeur Artistique.

Quelques années plus tard, vous entrez chez Jean-Louis Scherrer et devenez le plus jeune créateur de Haute Couture. Comment avez-vous vécu cela ?
Jusque-là, je ne me pensais pas fait pour la Haute Couture. J’en avais sans doute une image trop sacralisée. Mais encouragé par plusieurs professionnels, j’y suis allé ! La Maison Scherrer était alors en perte de vitesse. Mon équipe et moi nous sommes retroussés les manches et avons réussi à reconstruire la haute couture et à faire revenir les clientes. Ce furent dix années passionnantes, très riches en enseignements et en expériences.

Qu’est ce qui vous a décidé, à 40 ans, à créer votre Maison ?
J’ai eu soudain un besoin de liberté. A force de servir l’ADN de Jean-Louis Scherrer pour lequel j’avais un immense respect, je commençais à perdre mes propres repères, à ne plus parvenir à exprimer ma personnalité. Je suis parti sur un coup de tête ! Ce fut une rupture positive, une bouffée d’oxygène qui m’a permis de retrouver très vite mes marques et mes fondamentaux.

Que racontent vos couleurs ?
J’ai grandi entouré de photographes, dans l’univers noir et blanc des studios, que j’affectionnais. Un jour, j’ai réalisé que la couleur devait arriver dans mon monde. J’ai alors analysé mes goûts comme le ferait un « psy », et j’ai compris que j’étais très oriental dans ma manière de vivre et de penser. Les images de désert aux tonalités de beige et d’ocre ont alors afflué dans mon univers. Puis des tons ocre est très naturellement arrivé le rouge, emblème de mon côté latin très passionnel, puis l’or, pour son énergie et sa lumière.

En terme de coupes, de formes et de matières, quel est votre fil rouge ?
« Cristobal » n’est jamais loin ! Mes formes sont inspirées de la sculpture et de l’art du mouvement, qui pour moi est essentiel. Car une robe doit bouger ! Elle doit sublimer la femme, la révéler, surtout ne pas la cacher. Rien ne serait pire que  de remarquer la robe avant la femme ! Je travaille donc beaucoup le « gazar », un matériau noble et rebelle, à la rondeur très féminine. Et je vais toujours vers des formes épurées, auxquelles j’ajoute des détails, parfois puissants, pour créer le mouvement.

Vous aimez tisser avec vos clientes des liens forts et rares…
C’est pour cela que j’ai choisi de faire ce métier ! Pour le bonheur de la rencontre. Le moment que je préfère est celui où la femme s’assied en face de moi et où le lien commence à se créer. Dans la magie de cet instant je découvre sa personnalité, son état d’esprit, ses envies… Est-elle triste ou enjouée ? A-t-elle envie de séduire, de changer d’image ou au contraire, de se rapprocher d’elle-même ? C’est tout cela qui dirige mon trait, jusqu’à ce que brille la lumière dans son regard.

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www.stephanerolland.com

Propos recueillis par Michèle Wouters
Portraits de Stéphane Rolland © S. Tan

 
 

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