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- Interview -

Marc Levy

Sa vie est un roman

En 2000, rien ne le prédestine à être l’auteur français contemporain le plus lu au monde. Et pourtant, tout bascule le jour où Marc Levy envoie par hasard ses lignes d’écriture à un éditeur. À 40 ans, il sort son premier ouvrage « Et si c’était vrai ». Le succès est fulgurant. Depuis, il enchaîne la publication de best-sellers. Plus de 43 millions d’exemplaires vendus traduits en 49 langues. Une remarquable destinée.

 
 

Marc Levy, si je vous demande de vous décrire, qu’auriez-vous envie de me dire sur vous ?
Je suis un épicurien qui passe sa vie à voyager. J’aime visiter les pays et découvrir les cultures. Très souvent, quand je suis à l’étranger, je me rends dans les marchés. C’est très révélateur sur la façon dont les gens vivent, se côtoient, c’est un lieu de rencontres absolument passionnant. Pour avoir eu un passé dans l’architecture, l’urbanisme m’intéresse aussi énormément. Quand je me balade, j’admire des façades d’immeubles et j’imagine les vies qui se cachent derrière les fenêtres. C’est d’ailleurs ce qui a donné naissance à mon dernier roman, « Une fille comme elle ».

Comment avez-vous eu l’idée d’écrire cette comédie romantique ?
Tout d’abord, il y avait un vrai jeu de pousser une porte cochère et d’aller espionner des gens. L’un de mes personnages est un liftier. Je l’ai rencontré et j’ai été fasciné par tout ce qu’il savait sur les habitants de son immeuble. Dans ce livre, j’ai voulu également parler de la différence. Quand on a une cicatrice, doit-on la montrer ou la cacher toute sa vie ? Enfin, il y avait l’envie d’écrire une comédie car on peut dire des choses extrêmement profondes et sincères sur le ton de la légèreté.

Combien de temps avez-vous mis pour écrire ce roman ?
Quand je suis prêt à écrire une histoire, il faut qu’elle sorte, je ne peux plus m’arrêter. Pour ce roman, il m’a fallu quatre mois et demi en travaillant entre dix et quinze heures tous les jours.

Est-ce plus facile d’écrire aujourd’hui qu’à vos débuts ?
Pas du tout ! C’est beaucoup plus dur ! Quand on débute, il y a une forme d’ignorance et d’ailleurs elle est absolument nécessaire sinon on ne s’aventurerait jamais.

Après 19 livres, connaissez-vous les clés du succès pour plaire à un maximum de lecteurs ?
Absolument pas ! À tel point que je ne cesse d’alterner les genres. Je ne prends pas du tout au sérieux ce que je fais. Si c’était le cas, je tuerais mon plaisir d’écrire. Il faut surtout être passionné sinon il n’y a aucune chance que le lecteur le soit.

Vous écrivez depuis 18 ans, quel est le plus beau compliment que l’on vous ait fait ?
Celui de me dire que je donne le goût à la lecture et ce n’est pas du tout par égo mais parce que j’ai une profonde passion pour les métiers. On parle beaucoup d’argent, d’entreprises, de bourses mais on parle peu de ce que les gens réussissent à faire à travers leur activité.

Qu’est-ce qui vous passionne dans votre métier ?
Je crois avoir la chance de faire un métier extrêmement joyeux. L’âge n’a pas d’influence et il est même un atout, c’est assez rare. Quand on regardait les yeux brillants de Jean d’Ormesson, on comprenait son bonheur. C’est l’un des métiers où les années viennent plutôt vous nourrir que vous dessécher.

À 23 ans, vous avez été entrepreneur, vous êtes même parti dans la Silicon Valley, et on dit de vous que vous bouillonnez d’idées, si vous deviez monter une entreprise aujourd’hui, ce serait dans quel domaine ?
Ça ne pourrait être que pour quelque chose qui me passionne. Par exemple, créer une société d’avions-taxis sur un modèle Uber. Il y a un vrai créneau et ce d’autant plus avec l’arrivée des avions électriques ! Ou alors l’un de mes vieux fantasmes est d’ouvrir une maison d’hôtes en me retirant dans les terres, entouré d’oliviers et en écoutant les cigales, pas très loin de la mer. Je le ferais surtout pour le plaisir de la table et de recevoir. Un pur bonheur !


Si vous deviez recommencer votre vie, vous voudriez la même ?
Sans présomption, je réponds oui ! Je suis convaincu que si je ne m’étais pas trompé autant de fois, je n’en serais pas là. Je pense que l’on se construit davantage à partir de ses échecs que de ses réussites. Il ne faut pas avoir de regrets, il y a une phrase à laquelle je crois en période de deuil : c’est terrible de perdre une personne que l’on a aimée mais c’est bien pire de ne pas l’avoir connue.

Avez-vous une devise dans la vie ?
Oui, mais elle n’est pas de moi, elle est de Pierre Dac. « Les prévisions sont difficiles à faire surtout en ce qui concerne l’avenir », j’adore cette phrase ! Elle contient l’humour et l’ironie qui font que l’insolence n’est pas arrogance.

Propos recueillis par Anouk Julien-Blanco
Photos © A. Verglas Studio

Parution

© Robert Laffont

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